Jean-Pierre BASTON, orgue
Clément RIOT, conteur
"Des mots et des orgues, oeuvres pour récitant et orgue" : œuvres originales pour récitant et orgue” , poèmes de Léopold Sédar Senghor, Mahmoud Darwich et Rafael Alberti , musique des compositeurs espagnols Alicia Diaz de la Fuente et Hermes Luaces Feito A part les "Cinq interludes pour orgue", composés par André Jolivet en 1943, associés librement aux [Cinq] "Prières de paix" écrites en 1945 par L-S Senghor (1906-2001).
Ce programme offre un récital d’oeuvres originales écrites pour récitant et orgue, formule d’autant plus rare qu’ici, la relation narration musique n’est pas la traditionnelle interpolation (texte-musique-texte-...) mais une recherche de fusion notes et paroles, sons et sens, pour créer des œuvres nouvelles, des croisements obligés ; rien que de très naturel finalement, lorsque l’on saura que Léopold Senghor, lui qui définissait “les poètes nègres [...] comme “avant tout des auditifs, des chantres”, sans avoir jamais été mis en musique, dédiait nombre de ses poèmes à des instruments, précisant “lorsqu’en tête d’un poème, je donne une indication instrumentale, ce n’est pas une simple formule.” Ce programme offre donc ses trois poèmes dédiés à l’orgue : “Prières de paix”... “pour grandes orgues” et deux autres poèmes du cycle “Ethiopiques”, sous titrés “pour orgue et tam-tam au loin” et “pour flûtes d’orgue” sur lesquels Alicia Diaz de la Fuente a composé "Les prétemps du Monde", utilisant également deux percussions (Djembé et Gong), référence sonore et symbolique à l’Afrique et au poète, fusion de son langage musical et de la langue de Senghor dans un univers unique. Mahmoud Darwich (1942), l’un des très grands poètes arabes vivants, constitue l’autre partie de ce récital avec “Une belle dans Sodome”, “Sécheresse” et “Partition solo” ;Rencontre naturelle là aussi, pour un poète qui dit avoir en lui “un trop-plein de chant”, “commencer invariablement par un tempo“ et se mettre au travail seulement “Lorsque l’idée, l’image ou l’évènement ont trouvé leur cadence”. C’est "Tres recuerdos del cielo" de l’andalou Rafael Alberti (1902-1999) qui fait le lien entre Orient et Occident.