Espace Gagarine
Du vendredi 17 septembre 2010 au dimanche 3 octobre 2010 à Port de BoucExposition "Un monde de musiques"
Collections André Gabriel
Du 17 septembre au 3 octobre 2010.
"Un monde de Musiques… d’une rive à l’autre"
Bouger est naturel, les mouvements migratoires des populations sont nés avec l’humanité, ils font partie de l’histoire du monde.
Dictés par une nécessité vitale, ils ont donné une unité aux hommes tout en leur offrant une singulière souplesse d’adaptation aux différents milieux.
Y-a t-il une tradition primordiale d’où découlent toutes les autres, ou bien chaque groupe social a-t-il conçu la sienne ?
La question est vaste mais si l’on s’en tient à l’observation, on note un questionnement préalable identique et une multitude de réponses. La vérité est toujours relative.
Les migrations aujourd’hui, sont d’ordre économique et idéologique (réfugiés, politiques ou confessionnels). Des populations décident de rompre avec leur milieu pour améliorer leur existence, mais ce déchirement, cet arrachement à la terre des ancêtres donne lieu à ce mal du pays, la nostalgie, la glorification de la terre perdue…
Un malaise que l’on tente d’atténuer par la préservation de la mémoire diasporatique que l’on transmet comme un précieux trésor, souvent le seul que l’on puisse posséder, on offre sa mémoire à ses enfants, ses amis… ceux que l’on aime.
Quelles formes prend cette mémoire ?
La langue, l’accent, la dimension épique du conte, de la narration, la cuisine, la croyance, la musique, la danse, la façon de vivre son corps, de le parer, de le parfumer…
Tout ce que l’Unesco réunit sous le concept de "patrimoine immatériel de l’humanité".
Tout ce qui fait la différence entre les communautés, les hommes et qui les pousse à échanger, à découvrir, à comparer, à partager.
L’exposition met en évidence le foisonnement infini des instruments et des musiques qu’ils sous- tendent.
Chaque groupe communautaire invite à partager l’esprit de sa fête et très rapidement la fête devient universelle car les différences ne constituent plus un obstacle mais une richesse commune que l’on échange avec fierté et générosité.
Cultiver la différence revient à nourrir le dialogue.
Quel ennui en effet si nous étions tous pareils !
Les temps actuels voudraient nous imposer un monde, une obligation à civilisation, la migration des différences constitue la forme de résistance la plus avérée sans être toutefois la négation de l’intégration.
Une société sans passé n’a pas d’avenir durable.
Saint Exupéry en visionnaire écrit : "si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente".
Souhaitons que riche d’observation, de curiosité et d’amour, chacun trouve dans cette exposition une mémoire à raconter.
André Gabriel