DUO LAVANDE & JASMIN

L’échange entre les modes pentatoniques chinois et la musique modale occidentale

DISTRIBUTION

Miquèu MONTANARO – Galoubet-tambourin

Sissy ZHOU – Gu Zheng & Chant

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PRESENTATION

“Plutôt que de créer des barrières entre les cultures, nous tentons de planter de la lavande sur le mur de Chine.” Ou comment gu zheng, galoubet et tambourin s’unissent d’une même voix !

Miquèu Montanaro, sans jamais renier ses racines provençales, a toujours travaillé sa musique en créant des passerelles entre les cultures, les histoires et les pays. Sissy Zhou, quant à elle, maîtrise l’art du Gu Zheng, du chant et des passerelles. Ils étaient faits pour se rencontrer et partager avec le plus grand nombre la magie de la musique. Celle de rassembler les sonorités auxquelles on ne pouvait s’attendre.

La première fois où je me suis trouvé en contact physique avec la musique chinoise c’était à Montréal. J’étais invité au festival Multi Musique Montréal. Ce festival, qui met en scène les
musiciens des minorités présentes dans la ville, m’avait convié à la demande de Radio Canada. Je participai donc à un des concerts en tant que lien entre les diverses formations, et je devais jouer avec chacun des musiciens et groupes programmés.

Un virtuose du guzheng était un des participants. Sans nous connaître nous n’avions eu aucun mal à monter une pièce, nous avions repris une de mes compositions dans un mode pentatonique de style « koroncong » , kembang sepatu, qui figure dans l’album « Java » enregistré en Indonésie quelques temps auparavant avec le regretté Sapto Raharjo et son groupe.

L’échange entre les modes pentatoniques chinois et la musique modale occidentale se fait aisément. Tout d’abord un grand nombre de chansons traditionnelles sont construites sur des modes pentatoniques, même si cette structure ne saute pas aux oreilles immédiatement. Ces modes laissent aussi la place aux notes intermédiaires et aux ornementations. C’est dans ces interstices entre les notes que le dialogue s’opère, les mélodies se présentent comme des chemins à suivre, la musicalité venant de notre capacité à décrire le paysage qui les bordent.

Sissy Zhou maîtrise l’art du guzheng, c’est une virtuose de l’instrument, et une chanteuse remarquable. Surtout, au-delà de la tradition, elle est musicienne complète, elle entend tout et sait toujours trouver dans son instrument un espace d’échange, les passerelles sonores, les cohérences rythmiques qui permettent le faire ensemble, le jouer ensemble, le vivre ensemble. Comme j’ai eu l’occasion de le pratiquer avec d’autres cultures, l’entrée dans cette musique chinoise que porte Sissy s’est faite autour de thèmes que nous nous sommes appropriés pour ensuite y glisser nos personnalités particulières.

Les premiers thèmes que nous avons mis en chantier venaient de la tradition provençale, ce qui était une volonté de Sissy. Entrer dans le répertoire de son nouveau lieu de vie lui semblait important. Ayant fait des recherches sur divers site de musique provençale elle avait été touchée par un thème auquel elle tenait particulièrement… Mauresca. Ce thème là, bien que joué par des groupes traditionnels, bien qu’entré au répertoire de groupes folkloriques, dans celui d’ensemble de tambourinaires était en fait une de mes compositions. Sans le savoir elle avait été intéressée par une de mes propositions, ce qui nous donnait beaucoup de liberté pour l’interpréter  » à la chinoise ».

Puis Sissy, peu à peu rompue aux possibilités du galoubet tambourin, a proposé des mélodies personnelles ou traditionnelles chinoises que nous avons posé sur la planche de
travail. Ce répertoire se construit. Nous veillons à en faire une représentation rythmée, mélodieuse, libre, profonde, basée sur une complicité de chaque mesure, chaque note, chaque respiration. Le travail se poursuit et plutôt que de créer des barrières entre les cultures, nous tentons de planter de la lavande sur le mur de Chine.